EHPAD : des applis commande vocale pour réduire la fracture numérique

applis commande vocale
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Chose promise, chose due : voici le second article dédié au sujet des applis commande vocale et leur impact sur le quotidien des plus âgés. Pour rappel, le premier était consacré aux observations préliminaires en amont du temps passé en EHPAD.

Celui-ci rentre davantage dans le concret et consiste en une restitution de nos analyses, effectuées sur place et a posteriori. Ces analyses ont été nourries tant par les insights des encadrants que par nos observations sur place. Evidemment, les inputs les plus révélateurs émanaient des résidents et de leurs premières impressions.

Pour une meilleure lisibilité, nous avons compilé les observations effectuées dans un ordre chronologique. A savoir :

  • Premiers contacts
  • Tests du matin
  • Revue de presse
  • Tests de l’après-midi

Premiers contacts

Les +

  • L’enceinte connectée suscite l’intérêt
  • Les résidents se prêtent volontiers au jeu quand il s’agit d’applis commande vocale ludiques (quiz, culture générale ou musique)
  • Intérêt particulier quand il s’agit de références à leur passé ou que leur mémoire est sollicitée

Les –

  • Ils éprouvent des difficultés à entendre et/ou interagir avec la device
  • Certains sont réticents à l’utiliser ou n’en voient pas l’intérêt
  • Certains ne souhaitent pas se prêter au jeu en raison du fait qu’ils ne nous connaissent pas

Tests du matin

Les +

  • Les résidents se prennent au jeu quand leur mémoire est sollicitée. Lors du récit de la fable « Le corbeau et le Renard », certains murmuraient et semblaient heureux de se la remémorer.
  • Les résidents apprécient l’aspect ludique du quiz. Particulièrement dans les applis commande vocale « vrai ou faux » ils s’impliquaient et étaient heureux d’avoir répondu correctement.
  • Les résidents aiment écouter des musiques qu’ils connaissent. Nous avons pu le constater en jouant des morceaux de Jacques Brel.
  • Les résidents aiment effectuer des recherches internet et consulter la météo. La recherche d’informations leur a fait prendre conscience de l’utilité des applis commande vocale.

Les –

  • Les réponses d’Alexa sont trop rapides, pas assez distinctes. Même les résidents n’étant pas atteints de troubles particuliers éprouvaient des difficultés à entendre l’assistant vocal.
  • Certains résidents sont atteints de troubles trop lourds pour pouvoir interagir. Même en les assistant, il n’était pas possible de les impliquer.
  • Certains ne parlent pas assez fort ou distinctement pour être compris par les applis commande vocale. Certains mettaient également trop de temps à formuler leur intent ou prononçaient le wake word au mauvais moment.

Revue de presse

Les +

  • Les résidents ont une curiosité naturelle pour la recherche d’actualités qu’ils consomment quotidiennement. Pour la plupart, ils se rappellent également des actualités passées.
  • Les résidents aiment en discuter avec l’animateur. Une fois habitués à l’utilisation d’un assistant vocal, ils pourront également adresser leurs questions à l’IA.
  • L’animateur peut utiliser l’assistant comme source d’information. Il a vérifié la véracité de certaines informations, ce qui a inspiré les résidents.

Les –

  • Les résidents ont des difficultés à retenir des énoncés/actualités trop long(ue)s. Par conséquent, il faut adapter le contenu des applis commande vocale pour le rendre synthétique.
  • Les résidents aiment discuter de l’actualité avec l’animateur mais pas entre eux. Là encore, on peut imaginer qu’ils verront un intérêt à échanger avec l’assistant.

Tests de l’après-midi

Les +

  • L’animateur est un excellent point d’entrée à la technologie vocale. Il suffit qu’il montre l’exemple pour que la défiance vis-à-vis de l’assistant soit atténuée.
  • Le potentiel du vocal prend tout son sens quand il est mis au service des ateliers. Les résidents prennent alors conscience de l’utilité de cette technologie.
  • La technologie vocale peut s’ajouter aux ateliers déjà mis en place. Elle libère du temps que l’animateur peut mettre à profit pour imaginer d’autres ateliers.

Les –

  • Les résidents veulent interagir en même temps. Cela complexifie l’utilisation de l’assistant qui ne peut traiter plusieurs intents simultanément.
  • L’élocution d’Alexa est trop rapide pour une utilisation collective. C’était vrai pour une utilisation individuelle, ça l’est d’autant plus pour une utilisation collective.
  • Certains ne formulent pas les intents simplement ou ne retiennent pas le wake word. D’autre part, les applis commande vocale ne peuvent pas traiter les formulations trop complexes.
  • Quand Alexa signifie aux résidents qu’ils ont mal répondu, ils peuvent rapidement se vexer. Lorsque l’assistant les contredisait, certains manifestaient de la frustration ou de l’énervement.

Des observations et analyses tirées de ces observations, nous avons pu identifier certaines points positifs et négatifs. De ces constats, nous avons délimité les cas d’usage les plus propices à l’utilisation de la technologie vocale en EHPAD. Nous les restituerons dans le troisième et dernier article consacré à cette expérience.

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