EHPAD : des applications vocales pour réduire la fracture numérique

Nous sommes partis d’un constat simple : la population âgée est isolée du fait de sa méconnaissance de la technologie. 

Convaincus tant par l’inclusivité propre à la technologie vocale que par son utilisation instinctive, nous avons approché un grand groupe d’EHPAD et résidences pour seniors.

Notre ambition était de passer du temps dans un EHPAD pour confronter nos aprioris avec la réalité du quotidien des personnes âgées. Le temps passé sur place nous a permis de retirer insights et learnings. 

L’idée étant de les mettre en pratique dans une ou plusieurs applications vocales à même d’améliorer leur quotidien et réduire la fracture numérique. 

Nous déclinerons notre expérience dans une série de trois articles consacrés à chacune des phases suivantes : observations, analyse et recommandations. 

A la croisée d’un design sprint et d’un test utilisateur, ces moments passés en EHPAD ont nourri notre réflexion. Pourtant, il nous a fallu remettre en cause plusieurs points qui nous paraissaient jusqu’alors évidents et que nous détaillerons ultérieurement. 

Pour mener à bien cette expérience, il a fallu s’affranchir de plusieurs considérations. De fait, le design d’applications vocales pour les plus âgés est diamétralement opposé à celui auquel nous étions habitués. 

Or, la particularité du design conversationnel consiste notamment à rendre les applications vocales accessibles au plus grand nombre. Dans la mesure du possible. 

Objectifs de recherche 

  1. Comprendre la perception de la technologie vocale par les résidents et sa valeur ajoutée potentielle sur leur quotidien
  2. Mesurer l’engagement des résidents sur plusieurs applications vocales
  3. Tirer des leçons de nos observations et les mettre à profit pour développer une ou plusieurs applications vocales

Focus Group

Avant même d’aller à la rencontre des utilisateurs finaux – en d’autres termes les résidents – nous voulions recueillir différents témoignages. C’est pourquoi nous avons consulté trois groupes différents, en prise avec le quotidien de l’EHPAD. 

Insights

Personnel de santé

  • Les résidents peuvent présenter des troubles organiques et/ou cognitifs.
  • Les résidents ressentent de l’angoisse et de l’anxiété le soir et à l’approche des fêtes de fin d’année (quand l’ensoleillement diminue).
  • La technologie vocale peut constituer un bon support pour des thérapies de relaxation et de stimulation cognitive.

Encadrants

  • La technologie vocale et certaines applications vocales peuvent être employées pour seconder les encadrants dans leur travail.
  • L’enceinte connectée suscite l’intérêt (une enceinte avait déjà été installé par la directrice dans une autre résidence).
  • Les résidents aiment pratiquer des activités ludiques (Trivial Pursuit, Motus, etc)
  • Les résidents ont un fort attachement aux actualités, ils s’informent par le biais de la TV, presse écrite (qu’on leur lit) et radio.

Proche

  • On peut amener les résidents à la technologie par des usages auxquels ils peuvent s’identifier.
  • Les résidents ne doivent pas nécessairement être cantonnés à des usages ou références propres à leur jeunesse.

Persona utilisateur

De ces insights, nous avons pu définir quelques caractéristiques de la persona de l’utilisateur final :

  • Majoritairement féminin
  • Présence de troubles organiques et/ou cognitifs
  • Attachement aux réminiscences
  • Attachement aux activités ludiques
  • Méconnaissance de la technologie quelle qu’elle soit

Emploi du temps des résidents

Des entretiens menés avec nos différents interlocuteurs, nous avons mieux appréhendé le quotidien des résidents. Le groupe ayant à coeur d’offrir aux résidents un programme d’activité ne laissant que peu de place à l’oisiveté. Nous avons ainsi pu identifier les moments les plus propices aux tests.

  • 10h 30 – 11h 30 : temps calme
  • 11h 30 – 12h 15 : revue de presse avec l’animateur
  • 13h 30 – 15h : temps calme
  • 15h – 18h : ateliers avec l’animateur

Et maintenant ?

Certes, nous sommes parvenus à délimiter la persona de l’utilisateur. Pour autant, la présence de troubles – qu’ils soient organiques ou cognitifs – nous oblige à concevoir une ou des applications vocales réellement inclusives. Ainsi, ces troubles visuels, auditifs ou du langage doivent être pris en compte pour rendre l’expérience vocale accessible à tous.

Le seul moyen d’y parvenir est de se confronter aux utilisateurs finaux et enfin aller à la rencontre des résidents.

Sigismond de Malleray

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