Les assistants vocaux peuvent-ils coexister ?

Inutile de maîtriser le sujet de la technologie vocale sur le bout des doigts pour savoir que les assistants vocaux de Google et Amazon occupent le haut du panier. Même si on prédit à Siri un retour triomphal en 2020, il n’en reste pas moins que l’assistant vocal d’Apple reste à la traine. Il en va de même pour Bixby et probablement encore plus pour Cortana. Microsoft a toutefois révisé sa stratégie – probablement pour le mieux – en alliant ses forces à celles d’Amazon.

Cortana peut désormais être invoqué depuis des enceintes connectées de la gamme Echo. De même, Alexa est disponible sur les ordinateurs Windows 10 mais aussi sur l’enceinte d’Harman Kardon : Invoke. Ce changement de cap est opportun et devrait servir d’exemples à certains.

Le cas Beeb

A l’heure où la BBC renforce sa présence sur le vocal via le développement de son propre assistant baptisé Beeb, la question de l’intérêt d’une telle stratégie se pose. Certes, le pôle de la société de production dédié au vocal est à l’origine de très beaux projets. Pour autant, doit-elle gaspiller du temps, de l’énergie et de l’argent dans le développement d’un assistant qui aura du mal à faire le poids face aux mastodontes du marché ?

Toutefois cette réflexion illustre le fait qu’Amazon et Google sont parvenus à imposer l’image d’un monde où seuls deux assistants vocaux cohabiteraient, voire un seul règnerait sans partage. N’existe-t-il pas d’alternative à cette prééminence ?

En réalité, le plus farouche défenseur d’un tel scénario n’est autre que la firme de Mountain View. Nous l’évoquions plus haut : Amazon a de son côté, déjà ouvert la porte à Microsoft. Preuve en est que l’entreprise de Jeff Bezos est disposée à collaborer avec d’autres acteurs.

Vers une distinction des assistants vocaux par usages ?

Un monopole détenu par un seul assistant est évidemment incompatible avec une pluralité d’acteurs. Or, la pluralité est source de concurrence donc de créativité. Aussi, pourquoi Beeb n’aurait-il pas sa place dans cet écosystème ? Plus largement, pourquoi ne pas concevoir un écosystème d’assistants vocaux spécialisés par usages ?

On relève déjà des aptitudes chez certains assistants qui ne sont pas présentes chez d’autres. Alors, pourquoi ne pas mettre l’accent sur le développement de ces aptitudes et par là même, permettre aux assistants vocaux de coexister. Se pose encore le problème de la collecte des données, nécessaire au développement de ces aptitudes.

Raisonner verticalement

Une spécialisation par usage limiterait justement cette collecte massive. Dans le cas où un assistant ne serait pas en mesure de répondre à une question, il en recommanderait un autre qui serait en mesure de le faire. Cette fonctionnalité existe déjà chez Amazon, il s’agit d’Alexa Conversation. Aussi pourquoi ne pas la décliner à un écosystème d’assistants vocaux où les recommandations se feraient entre assistants plutôt qu’entre skills Amazon ?

Du point de vue des chercheurs et développeurs, cela réduirait considérablement le travail à effectuer en amont. Côté utilisateurs, une telle approche faciliterait l’identification des assistants et leur distinction en fonction des usages.

Nous en sommes encore loin mais cette alternative est pourtant possible et bénéficierait au plus grand nombre.

Source : The Verge - We’re still not getting voice assistants right

Sigismond de Malleray

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