Le SEO au diapason du vocal, Olivier Andrieu donne le la

On serait tenté de ne plus présenter Olivier Andrieu tant il fait figure de référence dans le domaine du SEO. Pour les néophytes, le SEO ou référencement naturel désigne un ensemble de méthodes destinées à faire apparaître une page internet dans les meilleurs résultats des moteurs de recherche.

Voilà près de 25 ans, qu’olivier Andrieu se consacre à ce sujet passionnant car en constante mutation. En témoigne la raison pour laquelle il nous a fait le plaisir de répondre à nos questions : le SEO “traditionnel“ est en passe d’être révolutionné par l’avènement du voice search. En clair, l’essor des assistants vocaux et des objets connectés va conduire à une transformation de notre accès à l’information.

Chez Vokode, nous sommes convaincus que la montée en puissance du vocal va entraîner une réécriture de la manière de produire du contenu, de le structurer et de le référencer. Les thèmes du SEO vocal et du voice search sont si peu documentés que nous avons demandé à Olivier Andrieu de nous aider à y voir plus clair. En sa qualité de consultant SEO et créateur du site Abondance, il a eu l’amabilité il a eu l’amabilité de nous faire part de ses points de vue.

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En quoi pensez-vous que la recherche vocale va modifier notre manière d’accéder à l’information ? 

Les moteurs de recherche servent avant tout à fournir une réponse à une intention de recherche. Historiquement, cette intention de recherche s’est toujours basée sur le Web au travers de mots clés saisis dans un formulaire de recherche. Avec la recherche vocale, la forme change : on vocalise une question, ce qui change fondamentalement la façon dont l’intention de recherche est définie. La recherche vocale a tendance à combler le chaînon manquant entre notre cerveau et l’explication de ce que l’on cherche. Le mot clé n’est pas naturel. La voix l’est beaucoup plus… De plus, très souvent, les moteurs ne renvoient qu’une réponse vocale à la place de la multiplicité des « liens bleus » proposés sur un moteur classique. Cela change également la donne…

Considérez-vous que le chiffre de 50% de part de recherche vocale sur l’ensemble des recherches d’ici 2020 soit réaliste, du moins en ce qui concerne la France ?

Ce chiffre vient d’une étude Comscore qui est sortie il y a quelques mois. C’est pour moi une ânerie de premier choix. Dire que l’année prochaine, 50% des recherches seront vocales est un pari impossible à tenir. Le « vocal search » prendra du temps à s’implanter dans notre vie de tous les jours. N’allons pas trop vite.

Si la recherche vocale représente effectivement 50% de la part totale de recherches d’ici un an, ne craignez-vous pas que le basculement d’un moteur de recherche vers un moteur de réponse ne mette un terme à la pluralité des résultats de recherche ? 

C’est évident. Cela peut très bien correspondre à certaines questions (quelle est la hauteur de la Tour Eiffel ? Quelle heure est-il actuellement à Los Angeles ? Combien de centimètres fait 1 pouce ? Etc.) mais de nombreuses questions ont besoin de plusieurs réponses, de comparaison, d’évaluation des sources, etc. Bref, d’intelligence humaine. Il y a un vrai piège ici qu’il faudra contourner. Les opérateurs le savent et testent d’ailleurs actuellement des réponses multiples, etc. On n’est qu’au début de ce type de traitement… Mais il faut bien sûr éviter à tout prix toute pensée unique de type Big Brother. Et il faut savoir être conscient que la recherche vocale ne correspond pas à tous les types de recherche.

La recherche vocale va-t-elle impacter toutes les pages internet de la même manière ou certaines plus que d’autres ?

On verra, difficile à dire. Pour l’instant, certains sites « encyclopédiques » sont privilégiés puisque les recherches sont avant tout encyclopédiques et les requêtes informationnelles. Pour les requêtes de type transactionnel ou navigationnel, le vocal n’est pas encore adapté. Mais cela viendra certainement. Cela dépendra également du type d’accords passés avec les grands acteurs. A partir du moment où, par exemple, Google « vocalise » Google News (ce qui est en cours), un site de presse aura du mal à obtenir une visibilité directe, même si ce n’est pas totalement impossible… Bref, il faudra s’adapter, comme d’habitude. C’est pour cela qu’il faut investir sur ce sujet dès maintenant, pour être prêt le jour où cela explosera et s’adapter au fur et à mesure de la demande.Qu’est ce que la recherche vocale va changer pour les agences SEO classiques ?

Qu’est ce que la recherche vocale va changer pour les agences SEO classiques ?

Rien sur le principe, ni sur le fond. On cherche toujours à être le meilleur pour répondre à l’intention de recherche de l’internaute. Tout sur la forme puisque le format de la requête est différent et l’optimisation vocale demande des adaptations si on vise Google, une remise à plat totale si on vise Alexa. En attendant d’autres acteurs éventuellement.

En quoi les algorithmes de Google sont-ils impactés par la recherche vocale et conversationnelle ?

Les algorithmes de Google sont impactés depuis presque 10 ans par ces domaines. Les plus gros changements sont venus avec Hummingbird, Rankbrain, etc. Le but est de comprendre la question (intention de recherche) et de trouver la réponse la plus pertinente et la plus « vocalisable » possible. Cela impacte donc obligatoirement les algorithmes à chaque étape du processus… En attendant la recherche conversationnelle qui n’en est qu’à ses débuts…

Vous semblez craindre que l’avènement de la recherche vocale puisse contribuer à la diffusion d’infox. Pourquoi serait-elle plus susceptible d’y contribuer que la recherche traditionnelle ? 

L’infox est partout donc elle sera dans la recherche vocale, c’est une certitude. Mais là où la recherche traditionnelle propre 10 liens bleus pour avoir une multitude d’avis, de visions, de regards, pour comparer différentes versions d’une information, la recherche vocale ne renvoie aujourd’hui qu’un résultat. La crainte de la pensée unique, fausse ou manipulée de surcroit, est d’autant plus forte !

Ne croyez-vous pas que les Featured Snippets nuisent in fineau trafic d’un site internet en rendant ainsi l’information accessible sans besoin de rentrer sur le site en question ? 

Si, bien sûr, c’est l’une des craintes que l’on a. Mais les futurs terminaux auront certainement des écrans, et il sera donc possible de cliquer sur des liens pour générer du trafic. La seule différence est que là encore, là où on avait 10 liens bleus, il n’y a ici qu’une seule réponse. Les places vont devenir plus chères !

Considérez-vous que l’avènement de la recherche vocale constitue une opportunité pour des sites, jusque-là mal référencés ?

S’ils étaient mal référencés en traditionnel, il y a peu de chance qu’ils le soient bien en vocal, car finalement, les fondamentaux à appliquer sont similaires, même s’ils doivent être adaptés, pour Google en tout cas. Pour Alexa, oui, c’est possible au travers des Skills. Mais dans tous les cas, il faudra beaucoup travailler.

Selon vous, est-il possible d’atteindre la position zéro sans avoir recours à la structuration de données ?

Sans utiliser les balises de données structurées ? Oui bien sûr, aucun problème. Mais je les recommande quand même car elles permettent de mieux faire comprendre au moteur le contenu, l’analyse est donc meilleure et on on augmente ainsi les chances d’audibilité. On verra ensuite ce que cela donnera lorsque la balise « speakable » sera disponible en France. Cela devrait changer la donne…

Enfin, d’après vous l’essor de la recherche vocale entraînera-t-il la disparition pure et simple des moteurs de recherche « secondaires » au profit de Google et Bing ou au contraire constituera-t-il une opportunité pour plus de concurrence et moins d’hégémonie ? 

Des moteurs de recherche secondaires ? En existe-t-il vraiment à l’heure actuelle ? Google et Bing ont 99% du marché mondial (si on excepte la Russie, la Chine et la Corée du sud). Il y aura toujours de la place pour les miettes, mais ce ne seront que des miettes…

Sigismond de Malleray

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