Vivoka, qu’est-ce que c’est ?

Vivoka
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La technologie vocale fait couler de plus en plus d’encre. Nombreux sont ceux qui la considèrent comme la révolution des interactions homme-machine. Pour l’heure, ce marché est majoritairement détenu par les GAFAM mais aussi quelques mastodontes chinois.

La France n’est toutefois pas en reste et fait valoir son savoir-faire par le biais de l’expertise de quelques acteurs. Snips était encore de ceux-là jusqu’à ce que le 20 novembre, l’entreprise annonce son rachat par Sonos.

Vivoka, le vocal made-in-france

Fondée fin 2015 à Metz, Vivoka s’est initialement fait connaître grâce à Zac, son premier et sympathique avatar. Celui-ci prend la forme d’un raton-laveur holographique. Puis, tout s’accélère : l’entreprise remporte deux levées de fond.

La première, de 1 million d’euros en 2018 a servi à développer la R&D. De manière à positionner Vivoka comme référence sur le marché du vocal avec une technologie de pointe. Le second tour de table a récemment abouti à une levée de 2 millions en 2019. Il fait suite à une demande accrue de différents secteurs et la nécessité d’accélérer la croissance de la société.

Vivoka est née de l’imagination de trois étudiants : William Simonin, Geoffrey Heckmann et Vincent Leroy. L’entreprise s’est immédiatement attaquée à la conception d’assistants vocaux.

Aujourd’hui, les ambitions se sont diversifiées et renforcées. Vivoka se positionne comme la référence en matière de reconnaissance vocale en France. Son souhait est de réellement changer les habitudes et usages dans tous les secteurs.

Une ambition internationale et des business models éprouvés.

Précisons que la technologie vocale recouvre une multiplicité d’applications concrètes : dont la Smart Home et le Retail. L’E-commerce et le domaine bancaire en font également partie, sans oublier l’hôtellerie ou l’industrie pour ne citer qu’eux. Quant à la conception d’assistants vocaux « nativement » français, ces initiatives étaient jusque-là inexistantes. Ce contexte est donc favorable à la prise de position de Vivoka.

Forte de plus d’une trentaine de salariés, l’entreprise a ouvert une succursale à Paris. En outre, elle s’est récemment illustrée grâce à une première mondiale : un Voice-Market. Il s’agit d’une market place exclusivement consacré à l’écosystème des acteurs du vocal.

Pour les besoins de la rédaction de cet article, nous avons recueilli des propos à la source : ceux d’Aurélien Chapuzet. Aurélien est marketing et business developer chez Vivoka.

Qu’est-ce qui a motivé la création de Vivoka ?

À l’origine de la création de Vivoka, il y a 3 étudiants d’EPITECH inspirés par J.A.R.V.I.S., l’intelligence artificielle capable d’assister vocalement Tony Stark, aussi connu comme Iron Man. Fascinés par cette technologie, ils ont décidé de créer leur propre assistant vocal capable de les comprendre et de réaliser leurs requêtes. 

Révolutionner l’interface entre l’Homme et la machine est depuis le début la ligne directrice des projets entrepris par Vivoka.

Quelle était l’ambition initiale de Vivoka ?

Initialement, Vivoka s’orientait dans le domaine de la Smart Home avec une technologie capable de tout piloter par le biais de la voix, avant même les GAFAM ! Zac, le raton laveur holographique, la mascotte historique de Vivoka, est né de ces premiers projets domotiques.

Définiriez-vous votre positionnement comme B2B ou B2C ?

Le positionnement de Vivoka est principalement B2B2C car nous proposons nos services à des professionnels qui créent des projets pour leurs clients particuliers. L’idée est de provoquer le changement en touchant les organisations capables de proposer les technologies vocales au plus grand nombre de par leur activité.

Au vu des récentes affaires des écoutes, comment donner confiance aux utilisateurs de la technologie vocale ?

De la même manière qu’il est important d’éduquer les individus pour qu’ils comprennent la technologie, il est indispensable d’être transparent concernant l’utilisation des données. Afin de réellement démocratiser les assistants vocaux, les acteurs de la Voice Tech doivent démontrer une éthique sans faille.

Chez Vivoka, nous ne tirons absolument aucun profit des données obligatoirement récoltées pour faire fonctionner notre technologie. Ces data sont en effet anonymisées et ne servent qu’à une seule chose, entraîner nos modèles NLP (Natural Language Processing) afin d’améliorer leur compréhension et donc la qualité de nos services rendus. 

Quel est votre meilleur use case en termes de vocal ?

Nous avons plusieurs use cases intéressants selon les secteurs. Nous avons notamment travaillé sur un assistant vocal e-commerce capable de répondre à des requêtes très complexes. Par exemple, ajouter au panier le nécessaire pour réaliser des crêpes pour 4 personnes en prenant en compte allergies et intolérances. 

Dans un contexte plus B2B, nous travaillons sur des assistants vocaux pour le contrôle de la qualité dans des industries afin de remonter les éventuels problèmes identifiés par les agents.

Comment Vivoka fait-elle pour exister aux côtés des GAFAM ?

Vivoka a une position neutre vis-à-vis des GAFAM. En effet, nous visons les marchés B2B contre B2C généralement pour eux.

Principalement, la seule concurrence que nous avons est sur l’efficacité de nos technologies où là encore, nous n’avons pas les mêmes ambitions. Tandis que les GAFAM cherchent à faire des solutions génériques, chez Vivoka nous personnalisons nos assistants au maximum selon les secteurs, besoins et environnements.

Ainsi, nous coexistons avec les GAFAM car le marché du vocal est vaste et présente encore d’innombrables opportunités. Malheureusement pour nous, acteurs plus modestes, nous subissons les scandales médiatisés en matière de données personnelles. Malgré tout, dans l’imaginaire collectif, la reconnaissance vocale et les pratiques sont toutes les mêmes, ainsi des sociétés plus éthiques sur ces questions récupèrent cette mauvaise réputation.

L’entreprise a-t-elle pour ambition de se verticaliser ?

Vivoka, à l’origine spécialiste du sur-mesure, commence peu à peu à se spécialiser dans certaines industries. Vivoka Hospitality en est la première preuve, ce segment étant entièrement consacré au domaine de l’hôtellerie avec une solution adaptée.

Le VoiceMarket est d’autre part une plateforme sur laquelle nous rassemblons de nombreuses solutions vocales que nous avons rendues facilement accessibles et intégrables. Ces Business Unit nous permettent de segmenter davantage notre offre et expertise afin de la proposer plus efficacement aux différents publics.

L’entreprise a-t-elle pour ambition de s’internationaliser ?

Vivoka a pour première ambition de devenir la référence sur son marché national, la France. La suite logique est effectivement de s’internationaliser en Europe et en dehors comme les USA ou le Japon.

En effet en 2020, cela fera 3 ans que Vivoka présente ses technologies à l’occasion du Consumer Electronics Show de Las Vegas. Ce rendez-vous annuel est pour nous le moyen de rencontrer de nouveaux partenaires et d’étendre notre influence en dehors de notre pays !

Enfin, pour quelles raisons dotez-vous vos solutions d’un avatar ?

L’avatar est venu naturellement après un constat : les humains quand ils parlent ont toujours un interlocuteur avec une apparence qui conditionne l’échange.

Les assistants vocaux étaient jusque-là démunis d’une apparence, c’était donc logique pour nous de créer un avatar pour humaniser la relation entre la personne et la technologie. C’est en d’autres termes un coup de pouce vers une interaction Homme-Machine plus complète !

Comment imaginez-vous le futur des assistants vocaux ?

Nous sommes persuadés que les assistants vocaux ne sont même pas à 5% de leur potentiel aujourd’hui ! A notre sens, plusieurs choses sont encore à développer :

Tout d’abord, les assistants devront être humanisés. Posséder des niveaux de compréhension plus poussés, être capables de tenir des dialogues plus riches. Et plus naturellement, avoir des voix plus fluides, intégrant des émotions et surtout être en mesure d’adapter leur discours au locuteur !

Ensuite, afin d’être encore plus pertinents, la notion de contexte sera essentielle. Les assistants de demain prendront en compte certains éléments comme l’émotion du locuteur (on ne répond pas à une personne énervée de la même façon qu’à une personne calme), l’heure, le ton employé, etc.. Les systèmes de biométrie vocale devront être éprouvés pour permettre aux assistants de nous identifier et de répondre en fonction de leurs connaissances sur nos habitudes.

Aujourd’hui, les assistants sont réactifs : on leur donne un ordre, ils l’exécutent. L’assistant de demain sera proactif, il nous connaîtra et sera capable de nous pousser de la data pertinente.

Pour l’heure, l’entreprise oeuvre à doubler son effectif grâce à sa récente levée de fonds. Mais pas seulement : une partie de la levée est allouée à la R&D. Celle-ci permettra d’explorer d’autres technologies qui concourent à davantage de personnalisation dans les expériences vocales. Pour ne citer que celles-ci : la compréhension des émotions mais aussi l’identification du sexe et de l’âge des utilisateurs. Les partenaires de Vivoka profiteront bientôt du déploiement de ces technologies.

En parallèle, l’entreprise poursuit l’acquisition de nouveaux partenaires pour son ambitieux projet de Voice-Market. Faisons le pari que la convergence de ces projets ne saura que renforcer un peu plus la présence à l’internationale du vocal à la française, porté par Vivoka.

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