Faut-il créer un avatar pour le VUI ?

Nous avions déjà évoqué le sujet dans un précédent papier : la création d’un avatar pour votre VUI peut grandement améliorer l’expérience utilisateur. Pourtant, la personnification d’un VUI n’est pas toujours une bonne idée. Plus que ça : elle peut y nuire pour plusieurs raisons abordées dans cet article. Toutefois, en évitant les quelques écueils inhérents à la création d’un avatar, votre VUI ne pourra qu’en bénéficier. 

Définir la persona de l’avatar

Un des risques les plus récurrents dans le processus de création réside dans le manque d’affirmation du caractère de l’avatar. S’ensuivent alors des réactions approximatives de votre VUI à certains intents de l’utilisateur voire aucune réaction du tout. Rien ne nuit plus à l’expérience utilisateur qu’un avatar ne faisant preuve d’aucune réaction émotionnelle. Avant toute chose, il convient donc de cerner le profil type de l’utilisateur afin de créer un avatar en cohérence. Actuellement, la plupart des avatars des assistants vocaux usent une voix jeune et féminine, considérée comme plus rassembleuse qu’une voix masculine. 

Pourtant, si l’avatar est destiné à une population majoritairement féminine, le parti prix d’une voix virile peut être un axe de réflexion intéressant. D’où la nécessité de bien concevoir l’identité de son avatar en amont du processus de création. A ce propos, plutôt que de laisser l’utilisateur choisir parmi un panel d’avatars, il est plus judicieux de décider à sa place.

Il s’agit de débuter le processus de création en se penchant sur les traits de caractère de l’avatar. Ainsi, emploiera-t-il plus un ton professionnel que familier, sera-t-il chaleureux ou distant ? Ces questions posent la base de la persona qui servira ensuite à se faire une image plus détaillée de l’avatar. La persona permet de délimiter des traits de caractère mais aussi le fond et la forme des interactions.  

Le cas de la représentation visuelle de l’avatar

Selon que l’avatar se limite à une simple voix ou s’accompagne d’une représentation visuelle, des questions doivent encore se poser. De fait, quelle forme prendra la représentation visuelle ? Si tant est que l’avatar revêt une forme humaine ou animale voire totalement inconnue. Il faudra alors décider du rendu, sera-t-il en deux dimensions ou trois dimensions ? Par ailleurs, sera-t-il représenté en pieds ou non ? Si seul son visage est visible, occupera-t-il tout l’écran ? Quelles seront ses expressions et quelles interactions les déclencheront ? 

Cette cohorte de questions a évidemment son importance puisqu’elles seront déterminantes de l’expérience utilisateur et de la manière dont il va accepter ou non l’avatar. 

En règle générale, il est déconseillé de recourir à une personnalité trop forte ou caractérielle. Des emportements ou une posture trop autoritaire ont souvent un impact négatif. Quelle que soit la direction empruntée, il faut garder à l’esprit que l’on « ne peut pas plaire à tout le monde ». Certaines personnes seront susceptibles d’adorer l’avatar, d’autres le détesteront, il n’y a malheureusement rien à y faire. 

C’est aussi et surtout pourquoi il est conseillé de se focaliser sur un type d’utilisateur particulier plutôt que d’essayer de satisfaire tous les profils. Néanmoins, certaines applications inspirées d’un univers particulier rassembleront des profils d’utilisateurs qui attendent de l’avatar de reproduire une certaine personnalité. Dans ce cas, l’idéal est évidemment de satisfaire leurs attentes. 

Eviter de penser à la place de l’utilisateur

En définitive, quel que soit le profil type d’utilisateur à qui vous aurez affaire, vous finirez toujours par en décevoir. Il vaut donc mieux ne pas trop se mettre à la place de l’utilisateur pour deviner ce qu’il veut. Mieux vaut créer un avatar en cohérence avec la vocation de l’application. A titre d’exemple, l’assistant vocal Alexa a une vocation utilitaire, il est donc inutile de lui appliquer une personnalité trop forte ou autoritaire mais plutôt arrangeante. 

*source : C, Pearl (2016) « Designing Voice User Interface (Principles of conversational experiences) »

Sigismond de Malleray

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