SEO vocal : où en est-on ?

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. » Ce précepte de Boileau prend tout son sens à l’ère naissante du vocal. Pourtant, c’est une chose de se faire comprendre d’un homologue en chair et en os mais une autre lorsqu’on s’adresse à une machine. Or, l’émergence du vocal va immanquablement avoir des conséquences sur la manière de rechercher l’information, donc de la référencer. Car qui dit recherche vocale dit SEO vocal .

Certes, le vocal n’a pas encore bousculé nos habitudes, ni transformé nos comportements en profondeur. Toutefois, on relève déjà une augmentation de la part du vocal dans les requêtes des utilisateurs. Ainsi, 82% des américains détenteurs de smartphone considèrent les résultats obtenus via la recherche vocale comme pertinents. Autre chiffre : on note une augmentation de 2% de la recherche vocale quotidienne chez les détenteurs de smartphone ou d’enceintes connectées. Ce chiffre passe donc de 21% en 2017 à 23% en 2018. Il prend donc des allures d’augure à destination des annonceurs. Sans que l’on parle pour l’instant de révolution, le SEO vocal est appelé à se développer. 

Qu’est ce qui fait l’attrait de la recherche vocale ?

Chaque innovation apporte son lot de disruption et avec elle des conséquences, bonnes ou mauvaises. Commençons par les bonnes : la recherche vocale est considérée par les utilisateurs comme plus simple, plus rapide, plus divertissante et évidemment plus libératrice. Les utilisateurs américains de smartphone ont majoritairement recours à la recherche vocale quand ils conduisent. Ainsi, en 2018 ils sont 35% à solliciter leur assistant dans l’habitacle de leur voiture et 11% quand ils cuisinent. 

Ces chiffres ne sont pas étonnants en ce que la recherche vocale libère les mains, ce qui peut s’avérer utile pour les deux exemples concernés. D’autant plus quand on sait que la requête revenant le plus fréquemment (à 40%) concerne des itinéraires. 

Par ailleurs, nous l’évoquions dans un autre article : la recherche vocale est moins excluante. Elle permet à des utilisateurs atteints de certains handicaps de s’affranchir du clavier. Elle est aussi accessible sur d’autres supports que ceux auxquels nous sommes habitués. Vous pourrez bientôt commander une pizza à votre interrupteur, à votre radio réveil voire à votre plan de travail. Enfin, elle est également libératrice en ce qu’elle diminue notre dépendance à l’écran et à tous ses effets néfastes. 

Un chiffre largement partagé veut que d’ici 2020, 50% du nombre total de requêtes passe par le vocal. 

Quels sont les freins à l’essor de la recherche vocale ?

Nous n’avons évoqué que ce qui fait l’attrait de la recherche vocale. Or, certains points négatifs doivent être abordés. Les progrès phénoménaux accomplis sur les dernières années ne sont pas encore venu à bout du temps de latence. Il s’agit ici du temps nécessaire à la machine pour aller chercher l’information et la restituer. Elle est fonction de la capacité de l’assistant personnel à s’habituer à votre voix. Ce temps de latence variera en fonction des capacités de votre hardware, de la sophistication de votre système d’exploitation et de la vitesse de connexion. Elle peut s’avérer très contraignante et frustrante pour n’importe quel utilisateur.

D’ici 2020, on comptera près de 24 milliards d’appareils connectés sur la planète, soit près de 4 par individu. On redoute déjà des problèmes d’interférences entre appareils, de même que des problèmes de bande passante. En plus de nuire à l’expérience utilisateur, ces problèmes structurels pourraient avoir de graves conséquences. La première serait d’empêcher le système d’accéder à sa base de données, privant ainsi l’utilisateur des actions les plus élémentaires. Un autre sujet de préoccupation déjà constaté de nos jours repose sur les conflits de sources de voix. Les objets connectés confondent alors une autre source avec l’utilisateur. Des exemples témoignent d’assistants vocaux s’activant au son d’un programme télévisé ou d’une émission de radio

Enfin, le dernier inconvénient de la recherche vocale réside dans la stabilité et la rapidité de la connexion internet. La plupart des assistants vocaux tels que Siri, ont été conçus et pensés comme bénéficiant constamment d’une connexion. Ceci peut être vrai dans certaines parties du globe. Pourtant, de nombreuses zones doivent encore composer avec une couverture réseau minimale voire inexistante. Or, cette technologie n’a pas été conçue pour fonctionner en off-line. 

Le développement du SEO vocal

Une étude récente de Search Forsight révèle que les Français détenteurs d’un assistant vocal sont 48% à « quelquefois » réaliser une recherche vocale. Pour autant, 37% d’entre eux disent réaliser une recherche « très souvent ». L’intérêt de ce chiffre réside dans le fait que cette action arrive en tête de liste avant même de « demander la météo » ou « lancer de la musique ». On constate donc un intérêt grandissant pour la recherche vocale même parmi nos concitoyens. Cette appétence est d’ores et déjà constatée chez nos homologues outre-atlantique, que l’on sait précurseurs de tendances. 

D’autre part, Google semble déjà se préparer au tournant du vocal donc du SEO vocal. En témoigne le fait que son blog dédié à la R&D ait été rebaptisé Google IA au lieu de Google Research. L’intelligence artificielle étant le nerf de la guerre du vocal et plus particulièrement le NLP (Natural Language Processing). Le NLP n’est autre que le traitement automatique du langage ou la capacité des assistants à nous comprendre. 

Ajoutons à cela que les algorithmes de classement de Google (ce qui détermine le page rank d’une page) intègrent de plus en plus de données en provenance de Google Voice Search ou des enceintes Google Home. Plus parlant encore : la firme aurait approché les éditeurs de contenus les plus recherchés (actualités, recettes de cuisine et podcasts) leur recommandant d’optimiser ceux-ci pour la recherche vocale. 

Des changements concrets ? 

Il ressort d’une étude Google que la recherche vocale fait la part belle au local. Par local, il est ici fait référence aux commerces de proximité. SEO vocal et SEO local vont donc de pair. La recherche vocale sur smartphone est généralement géo-localisée, une aubaine pour les commerces de proximité. C’est donc tout notre comportement de recherche qui sera modifié du fait du contexte situationnel. C’est en tout cas ce que traduit l’apparition des requêtes « à proximité de ». 

Le SEO vocal est différent du SEO traditionnel et doit donc être appréhendé différemment. De nos jours, une requête internet est généralement constituée d’un mot clé. L’avènement du SEO vocal pourrait ainsi bouleverser notre mode de recherche. Une requête sera alors constituée de 5 ou 7 mots clés car contenus dans une phrase. La recherche deviendra alors conversationnelle, ce qui aura également un impact sur le ton de voix de l’utilisateur. Ce dernier aura tendance à adopter un ton particulier, comme s’il avait affaire à un autre être humain.

Du point de vue du SEO, il faudra désormais composer avec des requêtes longue traine, intégrant plusieurs mots clés. Il conviendra également d’identifier le mot-clé parmi des prépositions ou autres conjonctions. Quant au mode conversationnel propre au SEO vocal, celui-ci se traduira par des requêtes en forme de questions empruntes d’instantanéité. Aussi, l’affichage du contenu devra répondre à ce besoin d’instantanéité, de manière didactique et succincte. 

Ce sera au référenceur d’avoir une compréhension globale de la requête plutôt que de se focaliser sur un ou deux mots-clés. Le graal demeurant évidemment l’atteinte de la position zéro. Pour rappel, la position zéro se matérialise sous la forme d’une boite apparaissant au dessus des résultats de recherche. Elle propose généralement un contenu synthétique et didactique et évite d’avoir à naviguer sur le site pour obtenir une réponse. Aussi appelée featured snippets, elle peut prendre la forme d’un paragraphe, d’une liste numérotée ou à puce, d’une vidéo, d’un tableau ou de différentes sources. Il s’agit d’une méthode incontournable pour qui veut acquérir du trafic. 

La transformation de notre comportement de recherche est en cours. Reste à savoir si l’on doit s’attendre à la révolution annoncée ou bien à l’apparition d’une autre sorte de SEO qui puisse coexister avec une approche plus traditionnelle. Quoiqu’il en soit, l’apparition des featured snippets laisse à penser que Google prépare le terrain pour plus de recherche vocale. 

Sources : 

Sigismond de Malleray

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